Les placements ne s’apprennent pas à l’école. D’où un sentiment de complexité pour les Français. Voici simplement ce qu’il vous faut savoir !

Le royaume des placements se décline souvent sous forme de sigles : LDDS, LEP, CEL, PEL, PEA, PEA PME, Sicav, FCPI, OPCVM, FIP, FCPI, SCPI, OPCI… De quoi faire peur aux plus motivés. Haro sur les grandes leçons théoriques ! Regroupons les placements du marché en six familles. Aux épargnants ensuite de choisir les bonnes cartes.

Les livrets bancaires : la famille Précaution

Ils peuvent être réglementés, comme le Livret A, le livret de développement durable et solidaire (LDDS) et le livret Jeunes. Ou ils peuvent être libres comme les livrets bancaires ordinaires. Dans les deux cas, il est possible de leur donner une couleur solidaire.

Fin 2017, le gouvernement a décidé d’oublier la formule de calcul du taux de Livret A, au demeurant souvent contournée, pour figer le taux de l’épargne réglementée jusqu’à fin janvier 2020 ! Sauf nouveau changement de règle, le Compte Epargne Logement rapportera 0,50 %, le Livret A et le LDDS 0,75 % et le Livret d’épargne populaire 1,25 %. La plupart de ses produits affichent donc un rendement inférieur au niveau de l’inflation (1,2 % en novembre 2017).

L’épargne logement : la famille Projets immobiliers

Elle se décline en deux versions. L’une très souple, le compte épargne logement (CEL), et l’autre plus contraignante avec des versements obligatoires tous les ans, le plan d’épargne logement (PEL). Clairement, ce produit est dans la ligne de mire des autorités. En 2018, le PEL perd sa prime d’Etat en cas d’emprunt et devient taxable à l’impôt sur le revenu dès la première année. Bon à savoir : les anciens plans ne sont pas concernés ! De surcroît, leur rémunération initiale est servie tout au long de leur vie. A vrai dire, eux seuls ont encore un intérêt patrimonial…

Les marchés financiers : la famille Plus

Ici, les placements peuvent être faits en direct, par exemple avec des actions de sociétés cotées, ou délégués à un professionnel dans un fonds (Sicav, Fcp). Plusieurs enveloppes fiscales peuvent les accueillir : un compte titre ordinaire, un plan d’épargne en actions (PEA) ou un PEA orienté vers les PME (PEA PME). En théorie, les marchés financiers sont plus rentables que les placements sans risque. La part à leur consacrer doit toutefois être adaptée à chacun selon son profil de risque.

Les petites entreprises non cotées : la famille Opportunités

Achat en direct et gestion déléguée sont envisageables mais, cette fois, les noms changent. Il est ainsi possible d’opter pour des fonds d’investissement de proximité (FIP) ou des fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI). C’est le placement le plus risqué de tous. A consommer avec modération, avant tout pour une clientèle disposant déjà d’un patrimoine financier constitué.

La pierre-papier : la famille Rendement

S’il y a toujours quatre murs, l’immobilier peut aussi prendre la forme d’un placement financier. Avec deux outils : les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) et les organismes collectifs de placement immobilier (OPCI). Leur point commun : ils privilégient le plus souvent l’immobilier d’entreprise (bureaux, entrepôts, murs de magasins) et non les logements. Idéal pour diversifier son patrimoine immobilier ou chercher des revenus complémentaires.

L’assurance vie : la famille Couteau suisse

C’est à la fois une assurance, avec versement du capital en compte aux bénéficiaires en cas de décès, et un produit à la fiscalité très avantageuse, en dépit d’un léger durcissement pour les épargnants ayant investi plus de 150 000 euros. L’assurance vie doit avant tout son succès au fonds en euros avec sa garantie en capital et ses intérêts annuels définitivement acquis au profit du client. A noter : leur rendement devrait continuer de s’éroder en 2018 sous l’effet du faible niveau des taux sur le marché obligataire.

D’où l’intérêt aujourd’hui de diversifier vers d’autres supports, comme la pierre papier ou les marchés financiers, en fonction de l’offre proposée par son assureur ou sa mutuelle. Aujourd’hui, l’assurance vie reste une formule adaptée à de multiples objectifs.

Jean-François Filliatre
Directeur éditorial Marchés Gagnants. Chroniqueur BFM Business