Cette année est riche en nouveautés pour les retraites. Le 1er janvier 2019 sont entrés en vigueur le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu (IR), la fusion des régimes de retraite complémentaire Arrco et Agirc, la sous-revalorisation des pensions de base et l’augmentation du minimum vieillesse.

Ce qui change pour les actifs

Effective au 1er janvier 2019, la fusion du régime de retraite complémentaire Arrco (cadres et non-cadres) et du régime de retraite complémentaire Agirc (cadres) a plusieurs impacts pour les salariés du secteur privé. Ils vont subir une hausse des cotisations vieillesse complémentaires.

Le taux sur la première tranche de cotisation augmente de 0,12 points : il passe ainsi de 7,75% à 7,87% sur les 3.377 premiers euros bruts de salaire mensuel (Plafond Mensuel de la Sécurité Sociale fixé au 1er janvier 2019) Pour la partie de la rémunération comprise entre un et huit PMSS (soit entre 3.377 euros et 27.016 euros), le taux est fixé à 21,59%, contre 20,25% ou 20,55% en 2018. Les cotisations Agirc-Arrco sont supportées à 40% par le salarié et à 60% par l’employeur (qui peut prendre à sa charge une part supérieure).

La garantie minimale de points (GMP) est supprimée : elle permettait aux cadres aux salaires peu élevés d’acquérir 120 points Agirc par an grâce à une cotisation forfaitaire. Ces cols blancs ne bénéficieront plus du dopage de leur future retraite complémentaire.

Une minoration de 10% sera appliquée durant trois ans sur les pensions complémentaires des salariés nés en 1957 qui liquideront leurs droits en 2019, à l’âge légal de départ à la retraite (62 ans) en disposant de tous leurs trimestres. Pour éviter ce « malus », ils devront effectuer leur liquidation un an plus tard (à 63 ans). A l’inverse, ils bénéficieront durant un an d’un « bonus » de 10% s’ils partent à 64 ans, de 20% à 65 ans et de 30% à 66 ans.

Ce qui change pour les retraités

Pour dégager des économies et réduire le déficit public, les retraites de base sont revalorisées de seulement 0,3% au 1er janvier 2019, soit en-dessous des prévisions d’inflation. La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2019 prévoyait d’appliquer aussi cette sous-indexation à 0,3% en 2020 : le Conseil constitutionnel l’a censurée au motif que la LFSS 2019 ne pouvait porter, par essence, sur l’an prochain. Le gouvernement prévoit d’intégrer cette moindre revalorisation dans la LFSS 2020.

Avec le prélèvement à la source, des retraités voient le montant de leurs pensions nettes baisser. Depuis le 1er janvier, les caisses de retraite prélèvent chaque mois l’IR sur les pensions de vieillesse, d’après le taux d’imposition issu de la déclaration des revenus remplie au printemps dernier et communiqué par l’administration fiscale en septembre. Bonne nouvelle pour les retraités qui emploient un salarié à domicile (aide-ménagère, livraison de repas, jardinage…) : ils vont toucher un acompte de 60% de leur crédit d’impôt vers le 15 janvier. Cette avance, qui devait au départ s’élever à 30%, est élargie notamment aux dons aux associations et aux dispositifs d’immobilier locatif du type Pinel.

Par ailleurs, deux dispositions sont instaurées pour amoindrir l’impact sur les retraites de la hausse de 1,7 point de la CSG (contribution sociale généralisée) mise en place au 1er janvier 2018. Cette augmentation s’applique uniquement aux retraités au taux plein de la CSG, porté de 6,6% à 8,3%. Problème : un retraité proche du seuil de taux plein peut passer d’une CSG de 3,8% (le taux réduit) à une CSG à 8,3% si lui, son conjoint ou son partenaire de Pacs perçoit un revenu exceptionnel (primes, intéressement, participation, indemnités de fin de carrière…). Pour limiter cet « effet de seuil », il faut, depuis le 1er janvier 2019, dépasser le revenu d’assujettissement deux années de suite pour être éligible à la CSG à taux plein.

Face aux revendications des « Gilets jaunes », il est aussi décidé que seuls les retraités percevant des revenus mensuels supérieurs à 2.000 euros par mois (contre 1.200 euros auparavant) subissent la hausse de la CSG de 1,7 point. Ceux dont les revenus mensuels sont compris entre 1.200 et 2.000 euros par mois, voient le taux revenir à 6,6%. Si la mesure est effective au 1er janvier 2019, elle va réellement entrer en application à partir de mai prochain, le temps de redimensionner les systèmes informatiques des caisses de retraite. Le gouvernement s’est engagé à ce que les retraités soient remboursés du trop versé.

Enfin, l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), qui remplace le minimum vieillesse depuis 2006, est augmentée de 35 euros au 1er janvier 2019 pour atteindre un peu moins de 870 euros par mois. Cette revalorisation exceptionnelle fait partie de la promesse d’Emmanuel Macron de majorer l’Aspa de 100 euros d’ici la fin de son quinquennat. Après les deux coups de pouce de 30 euros au 1er avril 2018 et de 35 euros au 1er janvier 2019, un troisième de 35 euros va intervenir au 1er janvier 2020 pour porter l’allocation à un peu plus de 900 euros par mois.