L’année prochaine va être riche en nouveautés pour les retraites. Le 1er janvier 2019 va en effet marquer l’entrée en vigueur du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu (IR), la fusion des régimes de retraite complémentaire Arrco et Agirc, la sous-revalorisation des pensions de base et l’augmentation du minimum vieillesse. D’autres dispositions pourraient être instaurées par le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2019 qui devrait être présenté fin septembre.

Selon Le Figaro, le PLFSS 2019 prévoirait une mesure de compensation pour les 100 000 retraités assujettis à la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) de 1,7 points au 1er janvier dernier alors qu’ils dépassaient de peu les seuils de revenus. En attendant de connaître le contenu du Budget de la Sécu, voici les dispositions qui vont d’ores et déjà toucher l’an prochain les salariés et les retraités.

Pour les actifs

La fusion, effective à compter du 1er janvier 2019, du régime de retraite complémentaire Arrco (pour les cadres et les non-cadres) et du régime de retraite complémentaire Agirc (pour les seuls cadres) va avoir plusieurs impacts pour les salariés du secteur privé. Tout d’abord, ces derniers vont subir une hausse des cotisations vieillesse complémentaires.

Qu’ils aient ou non le statut cadre, le taux sur la première tranche de cotisation qui équivaut au plafond mensuel de la Sécurité sociale (PMSS) va augmenter de 0,12 point. Sur un peu plus des 4 000 premiers euros bruts de salaire mensuel (le montant du PMSS de 2019 n’est pas encore connu), il va ainsi passer de 7,75% à 7,87%. Pour la partie de la rémunération comprise entre un et huit PMSS (d’environ 4 000 euros bruts à 32 000 euros par mois), le taux sera fixé à 21,59%, contre 20,25% ou 20,55% actuellement. Comme aujourd’hui, les cotisations Agirc-Arrco (le nom du régime complémentaire unifié) seront supportées à 40% par le salarié et à 60% par l’employeur (qui peut décider de prendre à sa charge une part supérieure).

La garantie minimale de points (GMP), qui permettait aux cadres aux salaires peu élevés d’acquérir 120 points Agirc par an grâce à une cotisation forfaitaire, sera supprimée. Les cols blancs faiblement payés ne bénéficieront plus de ce dispositif compensatoire qui venait doper le montant de leur future retraite complémentaire.

Les salariés nés en 1957, qui liquideront leurs droits en 2019 à l’âge légal de départ à la retraite (fixé à 62 ans) en disposant de tous leurs trimestres, vont se voir appliquer une minoration de 10% sur leurs pensions complémentaires durant trois ans. Pour éviter ce « malus », ils devront effectuer leur liquidation un an plus tard (à 63 ans).

Pour les retraités

Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé le 26 août dernier que les retraites de base seront revalorisées de seulement 0,3% en 2019 et en 2020, soit un niveau inférieur aux prévisions d’inflation. Les retraités vont donc perdre en pouvoir d’achat ces deux années-là puisque leurs pensions de base ne vont pas suivre la hausse des prix à la consommation. Des députés de la majorité sont favorables à une modulation de cette sous-revalorisation. Le PLFSS 2019 pourrait instaurer une désindexation moins forte pour les « petites » retraites.

Le coup risque en effet d’être rude pour les retraités qui, avec le prélèvement à la source, vont voir le montant de leurs pensions nettes baisser. A partir du 1er janvier, les caisses de retraite vont prélever, chaque mois, l’IR sur les pensions de vieillesse d’après le taux d’imposition issu de la déclaration des revenus remplie au printemps dernier et communiqué par l’administration fiscale en septembre. Bonne nouvelle pour les retraités qui emploient un salarié à domicile (aide-ménagère, livraison de repas, jardinage…) : ils vont toucher un acompte de 60% de leur crédit d’impôt début 2019. Cette avance, qui a été élargie notamment aux dons aux associations et aux dispositifs d’immobilier locatif du type Pinel, devait au départ être de 30%.

L’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), qui remplace le minimum vieillesse depuis 2006, va être augmentée de 35 euros au 1er janvier 2019 pour atteindre un peu moins de 870 euros par mois. Cette revalorisation exceptionnelle fait partie de la promesse d’Emmanuel Macron de majorer l’Aspa de 100 euros d’ici la fin de son quinquennat. Après les deux coups de pouce de 30 euros au 1er avril 2018 et de 35 euros au 1er janvier 2019, un troisième de 35 euros va intervenir au 1er janvier 2020 pour porter l’allocation à un peu plus de 900 euros par mois.