Retraite anticipée pour carrière longue : comment ça marche ?

Avoir commencé à travailler jeune peut permettre, dans certains cas, de quitter la vie active plus tôt. Le dispositif dit de « carrière longue » donne la possibilité aux actifs ayant cotisé avant 16 ou 20 ans de partir à la retraite à 60, 59, voire 58 ans. Pour cela, ils doivent remplir plusieurs critères.

Tout d’abord, les bénéficiaires du dispositif doivent disposer d’un certain nombre de trimestres de cotisation à la retraite. Par ailleurs, ils doivent avoir validé un nombre de trimestres minimum en début de carrière. Ces deux durées de cotisation dépendent de l’année de naissance de l’assuré, de l’âge à partir duquel il a commencé à travailler et de l’âge de départ à la retraite souhaité (voir tableau).

 

Des trimestres « gratuits »

Le nombre de trimestres pris en compte pour l’ensemble de la carrière peut comprendre, outre les trimestres réellement cotisés, des trimestres « réputés cotisés ». Un trimestre est ainsi octroyé par période de 90 jours d’indemnisation au titre du congé de maternité. Le service national donne droit à quatre trimestres « gratuits ». Quatre trimestres sont attribués pour les périodes de chômage indemnisées par Pôle Emploi. Les congés de longue maladie et les congés délivrés à la suite d’un accident du travail donnent aussi accès au maximum à quatre trimestres. Deux trimestres sont accordés en cas d’invalidité.

Enfin, jusqu’à huit trimestres pourront être octroyés dans le cadre du compte professionnel de prévention (C2P). Le C2P remplace depuis le 1er janvier 2018 le compte personnel de prévention de la pénibilité (C3P), lui-même instauré en 2015. Le C2P permet aux salariés du privé, exposés à six risques professionnels (travail de nuit, travail à la chaîne, travail en 3×8, travail en milieu hyperbare (sous l’eau ou sous terre), bruit, température extrême), de cumuler chaque année des points en fonction de leur exposition à ces risques. Le C3P comptait quatre facteurs de risques supplémentaires (manutention de charges lourdes, vibrations mécaniques, postures pénibles, exposition à des agents chimiques dangereux). Ces points de pénibilité peuvent, à terme, être notamment transformés en trimestres supplémentaires pris en compte pour une retraite anticipée au titre de la carrière longue (RACL).

 

Pas de décote

Avant de déposer une demande de départ anticipé pour carrière longue, il est vivement conseillé de se tourner d’abord vers sa caisse de retraite (ou sa direction du personnel pour les fonctionnaires) pour savoir si l’on remplit tous les critères. Si tel est le cas, l’actif bénéficie automatiquement d’une retraite à taux plein, c’est-à-dire sans minoration de sa pension.

S’il s’agit d’un salarié, il perçoit alors 50% du montant moyen de ses 25 meilleures années de salaire, ceci au titre de sa retraite de base. A celle-ci s’ajoute sa retraite complémentaire Arrco et, s’il a le statut cadre, sa retraite complémentaire Agirc. Les fonctionnaires, eux, touchent l’équivalent de 75% de la moyenne de leurs six derniers mois de traitement (hors primes et avantages). Il n’existe pas de retraite complémentaire dans la fonction publique.

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