Dans le cadre de la préparation de la loi Pacte, pour plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises, le jugement de la cheffe d’entreprise Alice Zagury et du député Jean-Noël Barrot, a été sans appel sur les retraites futures : « Si le régime par répartition ne doit pas être remis en cause, l’épargne­retraite supplémentaire doit être encouragée. »

Aucun doute n’est permis. Sauf à croire au père Noël, l’avenir des futurs retraités n’est pas tout rose… Le principe de la répartition ? Les cotisations des actifs – ceux qui ont un job – servent à payer les pensions des retraités. Conséquence du baby-boom de l’après-guerre et de l’allongement de l’espérance de vie, le montant des pensions à régler ne cesse d’augmenter. Mais le financement des retraites est pénalisé par les difficultés économiques et le faible niveau d‘emploi. Bref, il ne suffit pas de faire des enfants pour assurer l’avenir des retraites….

Le cahier des charges des épargnants est clair

Voici quatre principes d’or pour préparer la vôtre. Un mode d’emploi établi en fonction de la perception des Français. L’INSEE les a interrogés pour connaître leurs motifs d’épargne. Pour 42 %, il s’agit de mettre de côté de l’argent pour faire face à un coup dur. En seconde position, avec seulement 23,3 % des réponses, préparer ses vieux jours apparait. Résumons le discours : « Nous voulons pouvoir profiter de notre épargne au cas où, mais évidemment la préparation de la retraite nous paraît être un élément important ».

Avec un tel cahier des charges, un peu de bon sens et quelques éléments d’éducation financière, voici les quatre bons réflexes applicables à tous pour gérer votre patrimoine, et par ricochet préparer votre retraite dès maintenant.

Principe d’or n°1 : commencez à épargner dès que possible

Qui n’a jamais entendu le discours suivant : pour une bonne hygiène alimentaire, il faut manger cinq fruits et légumes par jour. Histoire de favoriser cette éducation, différentes actions ont par exemple été menées pour proposer des fruits aux enfants du primaire ou du collège.

En matière financière, il faut mettre de l’argent de côté dès que l’on commence à en gagner. L’objectif : que l’épargne devienne un réflexe, comme la consommation de fruits et légumes. Question d’hygiène patrimoniale ! Les habitudes alimentaires se prennent dès le plus jeune âge. Côté épargne, il faut commencer à s’y mettre dès l’entrée dans la vie active… Et ne pas attendre l’envoi des relevés de carrière par l’assurance retraite tous les cinq ans à compter de 35 ans.

Principe d’or n°2 : rendez l’effort indolore avec des versements réguliers

Epargner, les Français semblent savoir faire : en Europe, nous sommes les plus gros épargnants derrière les Allemands. Les statistiques cachent toutefois une réalité moins réjouissante : depuis trois ans, les épargnants ont massivement fait le choix de laisser leur argent dormir sur leur compte courant. Sans aucun rendement… A l’évidence, la solution n’est ni adaptée pour faire fructifier son capital, ni pour préparer sa retraite. Le bon réflexe ? S’astreindre non à mettre de l’argent de côté sur son compte courant, mais à faire des versements réguliers de son compte courant vers un placement. Exactement comme lorsque l’on rembourse son crédit immobilier.

L’intérêt des versements réguliers est double. Primo, cela rend le placement plus pratique. Pas de question à se poser, l’argent est investi tous les mois sur le produit choisi. Secundo, cela rend l’effort d’épargne plus indolore.

Principe d’or n°3 : restez libre de changer d’avis

Sur ce point, pouvoirs publics et épargnants ne sont pas prêts d’accorder leurs violons. Car politiques et économistes veulent pousser les Français vers des produits tunnel. Une fois engagé impossible – sauf quelques cas exceptionnels – de sortir avant le terme. C’est-à-dire le départ à la retraite. Cette règle vaut aussi bien pour le plan d‘épargne retraite populaire (PERP), que pour les plans d’épargne retraite collectif (Perco) ou les plans d’épargne retraite entreprise (PERE).

Les épargnants, eux, désirent pouvoir faire face à des coups durs. Et surtout, ils n’ont pas de machine à billets pour souscrire autant de produits qu’ils ont de projets. Aux formules estampillées retraite, ils préfèrent l’assurance vie pour son caractère multifonction. D’un point de vue pratique, c’est effectivement la meilleure solution.

MAIF-assurance-responsable-solidaire

Principe d’or n°4 : faites en sorte que votre argent garde sa valeur…

C’est un sujet majeur lorsque l’on commence à épargner jeune avec l’éventualité d’utiliser cet argent bien plus tard : le maintien du pouvoir d’achat de son épargne. Si un euro permet aujourd’hui d’acheter une baguette, il serait en effet bon que cet euro placé permette encore d’acheter une baguette le moment venu. Et si c’est plus, c’est encore mieux !

Là, il va falloir changer les habitudes des Français. Le fonds en euros, star de l’assurance vie, a réussi cette performance dans les trois dernières décennies. Il est peu probable qu’il renouvelle cet exploit. Assurément, il faut continuer d’y investir, notamment pour avoir de la sécurité s’il faut piocher dans son épargne pour faire face à des coups durs. Mais il faut aussi apprendre à diversifier sur les marchés financiers pour espérer accroitre le rendement de son épargne. Si cette diversification doit être analysée selon le profil de chacun, avoir 25 % d’actions à côté du fonds en euros ne fait pas prendre plus de risque de perte annuelle qu’un investissement immobilier.

Jean-François Filliatre
Directeur éditorial de MarchesGagnants.com
Chroniqueur BFM Business