Perp. Officiellement, derrière cet acronyme, se cache le plan d’épargne retraite populaire. Populaire peut-être pas car ce produit offre une intéressante déductibilité fiscale alors qu’un ménage sur deux n’est pas soumis à l’impôt sur le revenu dans notre pays. Accessible assurément ! A la différence des contrats Madelin, réservés aux seuls travailleurs non-salariés et autres professions libérales, des plans d’épargne retraite collectifs (Perco) ouverts aux seuls salariés d’entreprises souscriptrices, le Perp est accessible à tous. A condition d’avoir un objectif retraite clairement affirmé.  Pour preuve, la sortie se fait uniquement à l’âge de la retraite légal, sauf quelques rares cas de sortie anticipée (invalidité, surendettement, décès de l’époux…). Une différence de taille si l’on compare à l’assurance vie. De surcroît, la sortie s’effectue en rente viagère. Le législateur a toutefois revu sa copie initiale : il est désormais possible, au terme, de récupérer 20 % de l’épargne accumulée en capital ou de l’utiliser pour acquérir sa résidence principale.

Avant de toucher à vie des revenus complémentaires, il convient évidemment de commencer à épargner. Bonne nouvelle, à la différence des contrats Madelin, il n’existe aucune obligation de versement. Côté gestion, plusieurs possibilités peuvent être proposées comme sur l’assurance vie multisupport : fonds en euros, supports boursiers…

 

Redynamisé par la réforme fiscale

Après des débuts difficiles, à partir de 2003, le Perp recommence à avoir le vent en poupe. Témoignage de l’inquiétude des Français sur leur future retraite, mais aussi de la dernière réforme fiscale. Car tout comme l’assurance vie, le Perp est passé à travers les mailles du filet.

Avis aux souscripteurs : les versements effectués sont déductibles des revenus imposables à hauteur de 10 % des revenus professionnels, dans la limite de 30 038 euros en 2015.

Mieux, il est possible de profiter du plafond non utilisé des trois années précédentes. Bilan des opérations : lors de l’ouverture, il est possible de verser –et de défiscaliser- près de 120 000 euros pour des revenus professionnels de 300 000 euros. Sachant que le Perp n’est pas concerné par le plafond des niches fiscales de 10 000 euros…  en plus, les sommes épargnées sur le Perp ne sont pas incluses dans l’actif taxable soumis à l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) durant la phase d’épargne.

Et elles peuvent ne pas y être soumises, une fois la rente perçue, si le Perp s’est dénoué après l’âge de départ légal à la retraite et a été alimenté de manière régulière durant 15 ans. Outre l’avantage fiscal ainsi procuré, s’imposer des versements réguliers permet d’accroître les montants investis et… de rendre cette épargne plus fructueuse.