Après la cinquantaine, beaucoup (moi y compris) commencent à penser à l’heure de la retraite. On se demande comment ce sera de passer des journées entières sans obligations quotidiennes, comment seront les semaines sans réunions, sans rapports ni compte rendu, bref, outre la liberté enfin obtenue, nous sommes tellement conditionnés à un emploi du temps bien organisé que l’on pourrait y voir une menace de vide intégral, d’ennui et… si l’on n’a pas de bonnes indemnités de retraite (comme beaucoup d’indépendants qui n’ont pas pensé à souscrire à un plan d’épargne), des difficultés financière. Car c’est une chose d’être un retraité qui pourra profiter de ses loisirs et c’en est  une autre de vieillir dans la précarité. Dès lors que ces idées se forment, on se rend généralement compte qu’on est loin d’être prêt à ce bouleversement …

Des débuts pas évidents

Je m’appelle Serge et j’ai 59 ans. Après près de 40 bonnes années de bons et loyaux services comme on dit, j’ai enfin plongé dans l’effrayant monde de la retraite. J’utilise ce mot, car j’ai personnellement toujours été effrayé par ce moment. Je suis une personne dynamique, et même après avoir passé la cinquantaine, je faisais tout pour me retrouver occupé à plusieurs tâches à la fois et j’évitais toujours les temps morts. Vous pouvez donc aisément imaginer que la retraite, surtout le début, a été plus une forme de supplice pour moi qu’une délivrance. Les premières semaines ont vraiment été difficiles, et je me suis retrouvé à m’adonner à des activités pour lesquelles je ne développais pas vraiment de l’intérêt. Je vous épargne la liste de ces activités pour éviter de choquer certains. Mais disons que ça allait des émissions télé débilisantes aux longues heures à déambuler dans des brocantes de collectionneurs, en passant par les journées au bistrot à lire toute la presse quotidienne…

De nouvelles perspectives

Après quelques semaines dominées par l’ennui total, j’ai commencé à revoir mes habitudes et à me chercher de nouvelles occupations. En fait, je voulais trouver un hobby agréable et utile. Ce fut une expérience très intéressante. J’avais en effet l’impression de retrouver une nouvelle jeunesse. En dehors des diverses activités sportives auxquelles j’ai commencé à m’adonner, j’ai également entrepris de lire plusieurs bestsellers (je n’ai pas honte de l’avouer, je n’étais pas un grand amateur de lecture avant). J’avais en effet, pris la décision de varier mes divertissements et de m’intéresser à de toutes nouvelles choses. J’ai commencé à faire du bénévolat dans un refuge pour animaux. Ce fut une révélation qui me prouva  combien encore j’avais encore à apprendre – non seulement des hommes, mais aussi des bêtes. J’ai pris ainsi conscience de la misère de certains êtres, si proches de nous. J’ai alors cherché un moyen de faire plus pour aider tous ces malheureux quand je fis une trouvaille fortuite et pour le moins, surprenante, qui allait changer ma vie, et surtout, la leur…

L’heure de vivre

J’avais téléchargé une application de stations de radios françaises. Chaque fois que je m’en servais, il y avait toujours un moment où apparaissaient sur mon écran une publicité qui m’empêchait d’accéder tout de suite à ma radio. Comme je les hais littéralement, je clique immédiatement pour fermer les publicités inopportunes. Sauf qu’un jour, comme cela arrive parfois, j’ai râté mon clic et au lieu de se fermer, la pub s’est ouverte. J’ai été redirigé vers un portail de casinos en ligne que je me suis d’abord contenté de parcourir par pure curiosité. Contre toute attente, comme je suis très joueur, comme il y avait aussi des paris sportifs, et comme ça avait l’air plutôt innocent, j’ai essayé. J’ai rapidemment été happé par la folie des jeux vidéos – il y avait tant d’adrénaline dans l’attente du jackpot aux machines à sous ou au vidéo poker, je découvrais tout un univers ludique qui me transportait de Las Vegas à Winbledon sans bouger de mon fauteuil. Je me suis contenté dans un premier temps des jeux en ligne gratuits – je ne perdais rien mais je ne gardais rien non plus, à part l’émotion. J’ai lu quelques articles sur le sujet ce qui m’a permis de m’imprégner des réalités du domaine et j’ai pu apprendre l’existence des différents types de bonus offerts et surtout la possibilité de jouer pour de l’argent bien réél.

Après une certaine période d’incubation, j’ai décidé de me lancer ! J’ai donc effectué un dépôt et entrepris de jouer aux machines à sous et au poker principalement. Les premiers jours étaient mitigés, mais je continuais pourtant de jouer, car l’expérience était très excitante. J’ai perdu et gagné, et comme tous les joueurs sérieux, l’un dans l’autre, mises et gains s’équilibraient. Et puis ce miracle que tous les parieurs espèrent et qui semble-t-il arrive bien plus souvent qu’on ne le dit, ce miracle donc, a eu lieu. J’ai déclenché la partie bonus, et en moins de temps qu’il ne faut pour réaliser ce qui se produisait, j’étais gagnant d’un joli pactole. Je venais de décocher le jackpot !! J’ai eu du mal à y croire mais non, bingo, la machine avait cédé! J’ai ensuite appris que les retraits de gains ne se faisaient pas automatiquement. Je me suis rapproché du service d’assistance de mon casino, pris connaissance des conditions qu’il me fallait remplir et quelques jours plus tard, je recevais mon gain. Autant vous dire que le refuge local où j’allais chaque jour pour promener les chiens en a bien profité : on a pu faire tous les travaux qui attendaient depuis si longtemps, on a pu offrir de nouvelles niches aux chientoux, on a pu payer nos dettes chez le vendeur de croquettes et le vétérinaire. Depuis, j’ai compris qu’être à la retraite ne signifie pas que l’on est inutile et incapable de gagner de l’argent. Bien au contraire, la retraite a été pour moi l’heure des nouvelles découvertes, l’heure de prendre des risques, l’heure de m’ouvrir aux plus faibles autour de moi, en fait, l’heure de vivre…