De loi en loi, de multiples tentatives ont été réalisées par les pouvoirs publics pour mettre un peu d’ordre dans les pratiques bancaires et réduire l’addition pour les emprunteurs.

Une économie de 1 000 à 15 000 €

Désormais, il est possible de changer d’assurance durant les douze premiers mois suivant l’offre, mais aussi à chaque date anniversaire à condition de s’y prendre deux mois avant l’échéance. Dans les deux cas, les garanties doivent être équivalentes : les banquiers veulent pouvoir récupérer leur mise… Vous avez obtenu une assurance emprunteur moins chère ? Bravo ! L’économie, variable selon la durée de votre prêt et votre profil, se chiffre de 1 000 à près de 15 000 euros.

Que faire de cet argent ? La première solution est de mettre du beurre dans les épinards. Bref de consommer ! Mais l’ambition ne doit-elle pas être de garder le cap initial ? Cet argent, vous étiez prêt à faire un effort budgétaire pour le mettre de côté. Mieux vaut donc l’utiliser dans une opération d’épargne à long terme. Sur quel placement ? Premier conseil : préférez un produit financier à une solution immobilière (SCPI ou réduction de la durée d’emprunt). Simple question de bon sens : vous investissez dans la pierre, autant donc ne pas mettre tous vos œufs dans le même panier.

Petits ruisseaux pour grandes rivières

Restons pratiques ! Combien aurez-vous à investir ? Des milliers d’euros ? Attention, ce total correspond à l’économie potentielle sur la durée du prêt, le plus souvent comprise entre quinze et vingt ans. L’économie pratique, elle, s’établira à quelques dizaines d’euros par mois. Pour certains d’entre vous, l’option Plan d’épargne logement tombe de fait (PEL) : ce placement impose un versement mensuel de 45 euros. L’ambition assignée était d’investir l’économie réalisée ; pas d’en faire plus ! De surcroît, les nouvelles générations de PEL ont perdu de leur intérêt financier et fiscal. Leur rendement est ainsi tombé à 1 % et il est soumis à l’impôt sur le revenu ou à la flat tax, ce nouveau prélèvement forfaitaire unique au taux de 30 %. Moins bien rémunéré, à 0,75 % actuellement, le Livret A semble aussi hors course d’autant qu’il s’agit de faire un placement à long terme.

Vos gains seront exonérés !

Reste le plan d’épargne en actions (PEA) et l’assurance vie. Dans un cas, comme dans l’autre, il vaut vérifier les versements minimums requis. Cette fois, ils ne sont pas définis par la réglementation… Bon à savoir, il existe des assurances vie accessibles à partir moins de 45 euros par mois. Côté fiscalité, pour de tels montants, les deux formules se valent. A condition de respecter les délais de cinq ans (PEA) ou de huit ans (assurance vie), vous serez redevable à la sortie des seuls prélèvements sociaux sur les gains réalisés.

Prenons comme hypothèse un versement net de frais de 40 euros par mois et une durée de dix ans. Rare sont en effet les investisseurs immobiliers à aller désormais jusqu’au bout de leur emprunt. Sur la base d’une hypothèse de 1,5 % de rendement sur le fonds en euros, le total des versements s’établira à 4 800 euros et le capital au terme de 5 178 euros. A contrario, pour un placement boursier, la performance annuelle est susceptible d’atteindre 5 % en moyenne. Cette fois, le capital final progressera à 6 200 euros. Soit 1 000 euros de gains supplémentaires. Ces perspectives de rendement ne préjugent en rien des fluctuations liées aux marchés financiers (gains ou pertes en capital).

L’assurance vie, mieux que le PEA

Comme son nom l’indique, le PEA est destiné à recevoir uniquement des actions. L’assurance vie, elle, offre la même possibilité, plus le traditionnel fonds en euros. A ce titre, elle dispose d’un avantage certain. Quant à la répartition entre fonds en euros et actions, il est possible de la définir avec une approche psychologique. Puisqu’à l’origine, vous aviez prévu de décaisser cet argent, autant tenter de le dynamiser le plus possible, tout en prenant en compte les risques liés à ce type de placement. Et si les marchés progressent, vous ferez vraiment coup double ! Mais libre à vous de couper la poire en deux. Voire en trois ou quatre…

Jean-François Filliatre,
Directeur éditorial Marchés Gagnants
Chroniqueur BFM Business