Fanny Gérôme, directrice adjointe de France Active en charge du développement, nous parle des projets qu’ils mettent en œuvre et des partenariats dont ils bénéficient pour y parvenir.

Pouvez-vous nous présenter France Active en quelques phrases ?

France Active est une association qui existe depuis 1988. A cette époque, l’entreprenariat n’est pas encore très démocratisé en France. Nous sommes partis du constat que dans un monde du travail malheureusement atteint par un chômage structurel, un moyen d’y pallier serait de soutenir les initiatives entrepreneuriales. Sont ainsi nés les deux « jambes » de France Active :

  • L’aide à la création d’entreprise pour les personnes les plus fragiles.
  • Le soutien de l’économie sociale et solidaire sur des projets en phase de création, d’émergence, de développement, ou rencontrant des difficultés.

Notre financement est mixte, et nos ressources proviennent à la fois des pouvoirs publics, mais aussi de contributions privées, du mécénat ou encore de l’épargne solidaire.

Comment se formalise votre soutien aux entrepreneurs ?

C’est un soutien financier mais aussi énormément de temps. Il ne faut pas négliger le fait que les personnes les plus éloignées du monde du travail ont besoin d’un accompagnement plus long pour les aider à se projeter dans un projet économique. Concernant le volet financier, nous proposons de la mise en réseaux, mais aussi nos propres produits financiers, selon les besoins de l’entreprise. Cela recoupe notamment de la garantie de prêt bancaire, mais aussi des prêts à taux 0, des primes, des subventions, et bien sûr un volet d’investissement via des interventions en capital.

Comment des gens si éloignés du monde du travail en arrivent à se dire qu’ils vont devenir entrepreneurs ?

Bon nombre d’entre eux arrivent à la conclusion qu’ils ne retrouveront pas d’emploi salarié, et l’entreprenariat représente pour eux une formidable porte de sortie. C’est un moyen de construire leur propre opportunité. Aujourd’hui de plus en plus de jeunes entreprennent car ils ne trouvent pas le sens qu’ils cherchent dans leur première expérience professionnelle. Ils contournent ainsi ce problème en décidant de créer leur propre entreprise et construisent ainsi leur propre système de valeur.

A ce sujet pourriez-vous nous parler du programme Cap Jeunes de France Active ?

Grâce à Cap Jeunes nous soutenons chaque année 200 à 250 entrepreneurs de moins de 26 ans. Le programme consiste à la fois en une prime de 2000 euros pour venir augmenter le capital de l’entreprise, et aussi en un accompagnement renforcé, très largement axé sur les négociations avec la banque.

La MAIF a choisi de soutenir ce programme de subventions en l’abondant financièrement grâce à ses livrets solidaires.

Comment fonctionne ce partenariat avec la MAIF ?

Ces dernières années, la MAIF a vraiment développé ses produits d’épargne autour du l’économie solidaire, ce qui est pour nous une chance. Elle est ainsi devenue un partenaire important pour France Active. Notre société d’investissement dispose de 200 millions d’euros de capital, et la MAIF, comme nos autres partenaires, l’alimente au travers de son contrat Assurance-vie Responsable et Solidaire ou des Fonds d’Investissement de Proximité qu’elle commercialise auprès de sa clientèle patrimoniale. Nous réinvestissons ensuite cette épargne dans des projets solidaires, avec, comme objectif partagé, la création d’emplois non délocalisables, prioritairement pour les personnes en difficulté.