Comment se retrouve-t-on à avoir de l’argent à placer à dix-huit ans ?

Quentin Marescaux : Mineur, j’ai perçu un petit héritage au décès de mon arrière-grand-mère. Mais naturellement, je ne pouvais en disposer. Mes grands-parents s’en sont donc occupés jusqu’à ma majorité sans que je m’en soucie vraiment. A mes dix-huit ans, nous sommes allés récupérer l’argent, à charge pour moi pour de m’en occuper.

Aviez-vous des compétences financières particulières pour faire votre choix ?

Quentin Marescaux : Aucune et je ne m’étais pas franchement préparé, plus enclin à me concentrer sur mes études d’ingénieur à Lens. Dans un premier temps, la banque de mes parents a fait une offre de placement. Puis j’ai rencontré le conseiller de leur mutuelle. D’un côté, des produits traditionnels, de l’autre des placements solidaires. Dans les deux cas, personne ne pouvait me dire combien je pouvais gagner.

Pourquoi avoir fait le choix du solidaire au détriment des placements traditionnels ?

Quentin Marescaux : Nous vivons dans un monde où les grandes sociétés sont surpuissantes. Elles font passer des lois pour se faciliter la vie et, si elles n’obtiennent pas gain de cause, se débrouillent pour contourner les textes. L’exemple le plus emblématique à mes yeux est l’industrie du tabac. Avec les placements solidaires, l’idée est de servir aux autres. De rétablir des équilibres.

Face à l’absence de garanties sur la performance, vous avez donc abandonné toute velléité de rémunération de votre épargne…

Quentin Marescaux : Absolument pas ! L’idée est à la fois d’avoir un placement rentable pour moi et aussi pour les autres. Pour l’heure, j’ai souscrit une assurance vie solidaire en investissant tout sur le fonds en euros. Dès que mes études me laisseront un peu de répit, je vais étudier une diversification sur un support plus risqué. L’objectif : accroître la rentabilité du placement, pour moi comme pour les autres. Reste à bien calibrer cette diversification. On dirait un problème d’ingénieur…

Propos recueillis par Jean-François FILLIATRE
Chroniqueur BFM Business.