Il y a, dans la scolarité des enfants, des moments clefs. Comme l’entrée au collège. Finis la salle de classe et l’enseignant uniques ; désormais, chaque matière a son propre prof. Et il faut changer de salle à chaque cours. Sans oublier la présence des « grands » dans l’enceinte du collège… De quoi accroître l’inquiétude. Autant dire que la veille de la rentrée, la mission des parents ne se limite pas à vérifier que trousse et cahiers sont bien dans le cartable…

Mais comme tout bon joueur d’échec, avez-vous pensé au coup d’après ? « Pour réussir, il faut avoir des diplômes », disait-on hier pour tenter d’inciter les enfants peu motivés par la chose scolaire. Aujourd’hui, avec un taux de chômage proche de 24 % chez les jeunes et plus encore chez les non diplômés, c’est plus que jamais une nécessité.

Les études, combien ça coute ?

Dans les établissements publics, les frais d’inscription sont pour l’heure fixés par le ministère. Soit 184 euros en licence, 256 euros en master, 391 euros en doctorat ou 610 euros en école d’ingénieur pour l’année 2017/2018. Dans le secteur privé, en revanche, ils sont nettement plus élevés. L’addition monte facilement à plusieurs milliers d’euros, flirtant même parfois avec la barre des 10 000 euros par an. Mais la réalité budgétaire des études supérieures ne se limite pas aux seuls droits d’inscription. Connaître ses chiffres sert surtout à avoir un ordre de grandeur. Car en matière d’études supérieures, l’horizon des enfants se dessine généralement avant le bac… Or, financièrement, mieux vaut anticiper !

Pourquoi anticiper ?

Tout simplement pour amoindrir l’effort budgétaire à fournir. Un petit calcul en dit plus que de longs discours. Besoin à terme de 4 800 euros ? Sans la moindre préparation, il faut casser sa tirelire d’un coup, et déséquilibrer au passage son budget annuel. Mais une telle somme peut être obtenue avec 200 euros mis de côté pendant deux ans. Sur huit ans, l’effort mensuel à fournir est quatre fois moindre : 50 euros seulement.

Quel placement choisir ?

Le cahier des charges impose de pouvoir verser régulièrement si on le souhaite, de ne pas percevoir de revenus durant la vie du produit et de pouvoir récupérer aisément son argent au terme, voir éventuellement avant en cas de difficultés financières familiales. Trois critères à respecter et trois candidats potentiels : le Livret A, l’assurance-vie ou le plan d’épargne logement (PEL) ; pour le PEL à condition toutefois d’accepter la contrainte des versements réguliers. Soit 45 euros par mois au minimum.

Après l’annonce des mesures du gouvernement Macron, le choix est vite fait. Désormais soumis à l’impôt, le PEL sort du jeu pour tous les contribuables imposables. Et l’assurance vie domine le livret A sans difficulté dès lors que vous avez moins de 150 000 euros.

Quelle performance attendre ?

L’atout des placements de capitalisation comme l’assurance vie ? L’effet boule de neige des intérêts qui rapportent à leur tour des intérêts… Mis dans une tirelire, 50 euros épargnés tous les mois deviennent 4 800 euros au bout de 8 ans. Placés à 1 % l’an, ils deviendront 4 998 euros à la même échéance. Voire 5 400 euros à 3 %. D’où l’importance de choisir les bons supports d’investissement. Comme le fonds en euros à vocation à voir sa rémunération continuer sa chute (1,93 % en 2016 selon les autorités, 1,70 % estimés en 2017 selon l’agence Fitch), il faut envisager une légère prise de risque pour accroître son espérance de gain. Certes, d’une année sur l’autre, le capital peut se trouver dévalorisé, mais le temps joue normalement en faveur des épargnants. Via un arbitrage, ceux-ci peuvent même sécuriser leurs gains à l’approche de la date fatidique pour les études des enfants s’ils le souhaitent.

Résumé express à intégrer d’urgence dans les livres de Laurence Pernoud !

Pour s’insérer dans la vie actuelle, mieux vaut avoir un diplôme. Mais les études coûtent cher… Pour mettre toute les chances de son côté, pourquoi ne pas ouvrir un contrat d’assurance vie à la naissance ? Et bien sûr l’alimenter régulièrement pour amoindrir l’effort d’épargne.

50 euros tous les mois mis de côté sur un placement, avec une dose de risque et un objectif de performance annuel moyen de 3 %, se transformera en un capital de 14 275 euros lors de la majorité du petit. Et lorsque vous casserez la cagnotte pour payer des études -ou autre chose si finalement le bambin n’en fait pas-, vous serez exonéré d’impôt grâce à la règle des abattements. Avis aux littéraires : les mathématiques aussi peuvent être utiles…

Jean-François Filliatre
Directeur éditorial de Marchés Gagnants

Chroniqueur BFM Business