De quoi faire peur aux plus motivés. Haro sur les grandes leçons théoriques, jouons à regrouper les placements du marché en six familles. Aux épargnants ensuite de choisir les bonnes cartes.

Les livrets bancaires : la famille Précaution

Ils peuvent être réglementés, comme le Livret A, le livret de développement durable (LDD), le livret Jeunes ou libres, comme les livrets bancaires ordinaires. Au demeurant ils peuvent être aussi solidaires. Fait notable : en 2017, le LDD se transformera partout en LDDS, pour Livret de développement durable et solidaire. Avec l’obligation désormais pour les établissements de proposer tous les ans aux souscripteurs d’accorder une partie de leurs intérêts ou de leur capital à une entreprise solidaire ou une association.

Autre changement potentiel : une réforme du mode de calcul du taux du Livret A. Mais selon les promesses du gouvernement et de la Banque de France, il restera à 0,75 % au 1er février 2017. Avec des rémunérations toujours basses, les livrets bancaires sont surtout adaptés à l’épargne de précaution.

L’épargne logement : la famille Projets immobiliers

Elle se décline en deux versions. L’une très souple, le compte épargne logement (CEL), et l’autre plus contraignante avec des versements obligatoires tous les ans, le plan d’épargne logement (PEL). Par deux fois, leur rémunération a été baissée en 2016. Mais uniquement pour les nouveaux plans, les anciens continuant de bénéficier de leur taux contractuel fixé à la souscription. Si les anciens plans sont de redoutables concurrents pour les livrets bancaires, les nouveaux pourraient retrouver de l’intérêt pour un emprunt à terme.

Les marchés financiers : la famille Plus

Ici, les placements peuvent être faits en direct, par exemple avec des actions de sociétés cotées, ou délégués à un professionnel dans un fonds (Sicav, Fcp). Plusieurs enveloppes fiscales peuvent les accueillir : un compte titre ordinaire, un plan d’épargne en actions (PEA) ou un PEA orienté vers les PME (PEA PME). En théorie, les marchés financiers sont plus rentables que les placements sans risque. La part à leur consacrer doit toutefois être adaptée à chacun selon son profil de risque.

Les petites entreprises non cotées : la famille Opportunités

Achat en direct et gestion déléguée sont envisageables mais, cette fois, les noms changent. Il est ainsi possible d’opter pour des fonds d’investissement de proximité (FIP) ou des fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI). C’est le placement le plus risqué de tous. A consommer avec modération, avant tout pour une clientèle disposant déjà d’un patrimoine financier constitué.

La pierre-papier : la famille Rendement

S’il y a toujours quatre murs, l’immobilier peut aussi prendre la forme d’un placement financier. Avec deux outils : les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) et les organismes collectifs de placement immobilier (OPCI). Leur point commun : ils privilégient le plus souvent l’immobilier d’entreprise (bureaux, entrepôts, murs de magasins) et non les logements. Idéal pour diversifier son patrimoine immobilier ou chercher des revenus complémentaires.

L’assurance vie : la famille Couteau suisse

C’est à la fois une assurance, avec versement du capital en compte aux bénéficiaires en cas de décès, et un produit à la fiscalité très avantageuse. L’assurance vie doit avant tout son succès au fonds en euros avec sa garantie en capital et ses intérêts annuels définitivement acquis au profit du client. A noter : leur rendement devrait continuer de s’éroder en 2017 sous l’effet du faible niveau des taux sur le marché obligataire.

D’où l’intérêt aujourd’hui de diversifier vers d’autres supports, comme la pierre papier ou les marchés financiers, en fonction de l’offre proposée par son assureur ou sa mutuelle. Aujourd’hui, l’assurance vie reste une formule adaptée à de multiples objectifs.

Jean-François Filliatre
Chroniqueur BFM Business