1) L’assurance vie, qu’est-ce que cela assure ?

Le mécanisme des assurances ? Vous le connaissez pour votre logement, votre voiture ou votre santé ! Vous payez régulièrement une cotisation et en cas de sinistre – autrement dit de vol, d’accident ou de maladie, l’assureur ou la mutuelle vous dédommage.
L’assurance vie fait bande à part. Car à la différence des autres assurances, vous n’en êtes pas de votre poche en l’absence de sinistre. En pratique, l’assureur ou la mutuelle vous garantit le versement d’un capital au terme fixé. En cas de décès, votre argent n’est pas perdu non plus : le capital est reversé aux bénéficiaires désignés.

En bref : l’assurance vie moderne ressemble à s’y méprendre à un placement. Avec des avantages en plus en cas de succession.

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2) Est-on obligé de verser tous les ans sur une assurance vie ?

Votre complémentaire santé ne sera plus active si vous ne payez pas votre cotisation annuelle ! Ici encore, l’assurance vie fait bande à part… Car sur les contrats modernes, le souscripteur épargne ce qu’il veut quand il veut à condition de respecter les minima du contrat.

Il n’y a pas d’obligation de versement mais, si vous n’êtes pas expert en finance, verser librement de manière régulière a toutefois de multiples intérêts. Cela revient à faire de l’épargne forcée sans souci, comme avec le remboursement d’un crédit immobilier ou comme avec le plan d’épargne logement (PEL). Sauf que l’assurance vie est désormais plus attractive que le PEL.

En bref : l’assurance vie est un placement tellement souple qu’on peut y verser quand on veut, et même régulièrement.

3) Combien rapporte une assurance vie ?

Comme son nom l’indique, l’assurance vie « multi-support » offre une palette de solutions : la performance obtenue dépend donc de la formule choisie. Plébiscité par les épargnants, le fonds en euros affiche une prise de risque très faible. Désormais, il en est de même de son rendement : en moyenne, il s’établit à 1,8 % en 2017 selon les données de la Fédération Française de l’Assurance (FFA). Même si le fonds en euros restera longtemps le socle de l’assurance vie, vous avez intérêt aujourd’hui à vous diversifier en partie sur des « unités de compte ». Cette fois, la performance devient plus directement dépendante des marchés financiers ou immobiliers. En moyenne, selon la FFA, les unités de compte auraient rapporté en moyenne 4,6 % par an de 2013 à 2017.

En bref : à la souscription, choisissez la formule d’investissement adaptée à votre profil d’épargnant et à votre ambition. Sachez aussi qu’il est aussi possible, à tout moment, de faire évoluer la composition de votre contrat.

4) Est-on bloqué jusqu’au terme sur une assurance vie ?

Nullement. La fameuse durée des huit ans s’explique avant tout par la fiscalité. À tout moment, vous pouvez récupérer votre argent, en général dans un délai d’une dizaine de jours. Le retrait peut être total ou partiel. Huit ans après la souscription, vous disposez toutefois d’un abattement qui minore une fiscalité déjà favorable. Et pour cause, quand vous retirez une partie de votre argent, le fisc considère que le retrait se compose d’un bout de votre capital, évidemment exonéré d’impôts, et d’un morceau d’intérêts taxable.

En bref : la souplesse à l’entrée – sur les versements – se retrouve à la sortie – sur les retraits. Vous pouvez retirer ce que vous souhaitez quand vous le souhaitez !

5) Qui touche l’argent de l’assurance vie en cas de décès ?

Si vous êtes vivant au terme du contrat, l’argent vous revient. Mais à votre décès, un autre personnage entre en jeu : le ou les bénéficiaire(s) désigné(s). Si, dans une succession, la loi détermine les héritiers, la liberté est totale en assurance vie. Bref, pour profiter pleinement de votre assurance, il faut indiquer votre volonté dans la clause bénéficiaire du contrat. A la souscription, soyez attentif sur ce point. La clause type prévoit « mon conjoint, à défaut mes enfants, vivants ou représentés, à défaut mes héritiers », mais rien ne vous interdit de vouloir privilégier d’autres personnes.

En bref : outre la souplesse sur le choix des bénéficiaires, l’assurance vie a un autre atout avec une fiscalité des plus clémentes sur la transmission.

 

Jean-François Filliatre
Directeur éditorial Marchés Gagnants
Chroniqueur BFM Business