Les produits garantis voient leur rendement baisser d’année en année. D’où la nécessité pour les particuliers désireux d’espérer obtenir un surcroît de performance, d’orienter une partie de leur épargne sur les marchés financiers. Avant de s’engager, mieux vaut toutefois disposer de quelques bases. Première raison : il ne faut jamais souscrire un produit sans le comprendre à minima. Ensuite, parce que l’évolution des cours ne ressemble pas à une ligne droite !

La bourse est le lieu de cotation d’obligations et d’actions. Leur point commun : servir à financer notamment les entreprises. Pour le reste, tout diffère. L’obligation, c’est une dette, remboursable à terme avec le paiement d’un intérêt. L’action, elle, est une part du capital d’une société.

Comprendre l’évolution des cours des obligations est un pur bonheur pour mathématicien. Même si le fonctionnement peut paraître un brin contre-intuitif pour le quidam moyen… Tout dépend d’abord de l’évolution des taux d’intérêt. Quand les taux montent, le cours des obligations à taux fixe baisse. Mais il progresse quand les taux refluent. L’ampleur du mouvement est d’autant plus importante que l’échéance de l’emprunt est lointaine.

Si heureux avec son obligation, le mathématicien aura vite fait de s’arracher les cheveux avec les  actions. Commençons d’abord par tordre le coup à une idée reçue. La Bourse, c’est le reflet de la croissance économique. Indémontrable à court terme ! La preuve, alors que l’économie française était empêtrée dans une croissance étale en début d’année 2015, le CAC 40, principal baromètre du marché parisien flambait de près de 20 % entre janvier et fin avril 2015. Avant de s’affaisser par la suite, contrairement à l’économie…

Alors, qu’est ce qui fait monter les actions ? Le manuel du boursier débutant définit souvent le cours d’une action à partir de l’équation suivante : cours = bénéfice net par action x PER.

Le bénéfice net par action ? Facile à comprendre ! C’est le gâteau des profits de l’année découpé en parts individuelles. Histoire de voir combien de résultat il y a par titre. Un investisseur n’a pas vocation à acheter le même prix une action avec 10 de bénéfices et une autre avec 100 ! Le PER ? De l’anglais Price Earning Ratio, rapport cours / bénéfices par action. Problème : le mathématicien est perdu : combien déterminer le cours à partir de notre formule puisque le PER dépend, lui aussi, du cours…

Oublions donc le PER pour le remplacer par la notion de cote d’amour ! Une société avec une forte croissance et des produits bien installés a une cote d’amour forte. Alors qu’une entreprise en déclin séduira moins. Voilà soudain l’univers de la Bourse qui s’éclaircit. Les taux d’intérêt baissent à travers le monde ? Comparativement, les actions affichent un meilleur potentiel : leur cote d’amour monte. Il existe un risque géopolitique avec un impact potentiel sur la gestion des entreprises : la cote d’amour baisse… En matière financière, l’amour est volatil.

Le cours des actions évolue certes en fonction de la variation des bénéfices des entreprises. Cette donnée dépend de la hausse de l’activité – éventuellement tirée par la croissance économique – ou de la baisse des coûts. Mais elle ne bouge pas au jour le jour. Bref, à court terme, les actions évoluent avant tout en fonction de facteurs psychologiques ; mais à plus long terme, les fondamentaux reprennent toutefois le dessus. D’où l’inutilité, pour le commun des épargnants, d’investir en Bourse en regardant les cours en continu.

Jean-François Filliatre
Chroniqueur BFM Business
Ancien directeur de la rédaction de Mieux Vivre Votre Argent