Réputés allergiques au risque, les épargnants français pourraient changer leur fusil d’épaule. D’après une étude présentée le 3 avril 2018 par le Cercle de l’Epargne, un « think tank » dédié à l’épargne et à la retraite et réalisée auprès de 1 002 individus âgés de 18 ans et plus, 39% des personnes interrogées se déclarent prêtes à transférer leur épargne sécurisée (livrets réglementés, fonds en euros) vers des placements en actions par achat direct ou par le biais des unités de compte (UC) de l’assurance vie. Le pourcentage grimpe même à 46% chez les souscripteurs de contrats d’assurance vie.

Apparemment, les Français ont compris qu’il était devenu difficile d’allier sécurité et rentabilité. Lorsqu’on leur demande quel est le placement le plus performant, 25% des sondés répondent les actions d’entreprises. Soit 8 points de plus qu’en 2016. Au sein des détenteurs d’assurance vie, le ratio monte à 26% (en hausse de 7 points en deux ans). A l’inverse, l’immobilier locatif recule entre 2016 et 2018 de 9 points chez les épargnants (42%) et jusqu’à 13 points chez les souscripteurs d’assurance vie (41%).

La « pierre » perd de son éclat

Tout un symbole sachant que la « pierre » (l’immobilier) fait traditionnellement office de valeur refuge auprès de nos compatriotes. Même l’assurance vie perd de son lustre. 33% des répondants estiment encore que le « placement préféré des Français » est le plus rentable, en baisse de 16 points en deux ans. Le ratio chute de 18 points chez les assurés qui sont encore 50% à le trouver performant. Difficile de ne pas voir dans cette dégringolade la conséquence de l’érosion continue des rendements des fonds en euros provoquée par la baisse des taux d’intérêt des emprunts d’Etat.

Le dynamisme des marchés financiers semble, a contrario, faire de plus en plus d’adeptes. La preuve : 53% des détenteurs d’un plan d’épargne en actions (PEA) ou d’un portefeuille d’actions ou d’obligations souhaitent augmenter leur exposition aux actifs boursiers, selon l’étude du Cercle de l’épargne.