L’information peut étonner : le montant moyen de la retraite progresse d’année en année en France. Il a encore augmenté de 1,2% en 2014 pour atteindre 1 322 euros bruts par mois, d’après les dernières données publiées le 28 avril 2016 par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) du ministère des Affaires sociales et de la Santé. Ce montant prend en compte les pensions de base et complémentaires, mais pas les éventuelles pensions de réversion versées aux veufs et veuves.

A titre de comparaison, la retraite moyenne mensuelle de droits directs se situait à 1 029 euros bruts en 2004. Soit une hausse de 25,4% en l’espace de 10 ans. Cette tendance résulte de ce que les démographes et économistes appellent « l’effet de noria ». Ce terme désigne le remplacement progressif des retraités âgés aux faibles pensions par les retraités plus jeunes aux pensions plus élevées. Davantage qualifiés, ces derniers ont perçu généralement des salaires plus conséquents que leurs aînés durant leur vie professionnelle.

Inégalité hommes-femmes

Cette progression du montant de la retraite n’empêche pas la persistance de disparités entre les retraités. La pension des femmes représentait encore en moyenne 60,7% de celle des hommes en 2014 (hors avantages familiaux). Certes, le ratio était de 54,6% en 2004. En dix ans, le taux d’activité et le niveau de qualification des femmes a, il est vrai, fortement augmenté. Reste que l’écart de pension demeure important et risque de peu diminuer tant que les salaires des hommes resteront supérieurs à ceux de leurs collègues féminines.

Le statut professionnel créé également des inégalités. Grosso modo, les actifs du secteur public bénéficient de meilleures retraites comparés à leurs homologues du privé. Toujours d’après la Drees et en se basant uniquement sur les retraités uni-pensionnés (qui n’ont connu qu’un seul statut durant leur carrière), les fonctionnaires civils d’Etat percevaient en moyenne 2 210 euros bruts par mois à la retraite en 2014, les affiliés des régimes spéciaux (EDF, SNCF, RATP, Banque de France…) 2 020 euros bruts par mois, les militaires 1 670 euros bruts par mois et les fonctionnaires territoriaux et hospitaliers 1 410 euros bruts.

Ecart public-privé

Dans le secteur privé, figurent sans surprise en tête les professions libérales (médecins, avocats, notaires, architectes…) avec 1 920 euros bruts par mois, suivis des salariés (1 180 euros), des artisans (710 euros), des agriculteurs (610 euros), des salariés agricoles (540 euros) et des commerçants (490 euros). Ces différences s’expliquent par les niveaux de salaire qui varient beaucoup d’un métier à un autre.

Par ailleurs, les agents de la fonction publique sont en moyenne plus qualifiés et le statut cadre y est plus développé que dans le privé. Les taux et assiettes de cotisation ne sont pas les mêmes, ce qui se répercute sur le montant de la prestation versée. Enfin, les modes de calcul des pensions jouent également. Dans le secteur privé, la retraite de base est calculée sur la base des 25 meilleures années de carrière et la pension ne peut excéder 50% du salaire de référence. Dans le public, la rémunération prise en compte est la moyenne des six derniers mois de traitement et le taux de pension est fixé à 75%.