Des chiffres qui inquiètent. Dans une étude publiée en octobre dernier sur les frais d’incidents bancaires en partenariat avec l’Institut national de la consommation (INC) et 60 millions de consommateurs, l’Union nationale des associations familiales (Unaf) indiquait qu’entre 4 et 6 millions de personnes doivent régler des frais pour incidents bancaires chaque mois. Il peut s’agir, par exemple, de pénalités à payer pour rejet de prélèvement ou de chèque.

Le montant de ces pénalités s’élève à 34 euros par mois pour des clients dits « lambdas » et grimpe à 296 euros pour les personnes rencontrant des difficultés financières. L’association de défense de la famille notait alors que « ces frais punitifs, à force d’accumulation, enfoncent les ménages dans des difficultés de plus en plus importantes ».

Une réelle prise de conscience des pouvoirs publics et des banques

Cinq mois après avoir dressé ce constat, l’Unaf fait un premier état des lieux et constate une certaine prise de conscience de la part des pouvoirs publics mais aussi des banques. Les premières mesures ne se sont pas fait attendre. Ainsi, l’article 73 du dernier collectif budgétaire, promulgué le 28 décembre 2017, prévoit que le montant des frais bancaires afférents à toute saisie administrative à tiers détenteur, par exemple pour un retard de paiement à l’administration fiscale ou pour la cantine des enfants, soit limité à 10% de la somme due. Cette mesure entrera en vigueur le 1er janvier 2019.

Autre réaction rapide : le gouverneur de la Banque de France a appelé les établissements bancaires et les associations de consommateurs à mieux communiquer sur les offres spécifiques destinées aux publics fragiles. Il s’agit notamment de la limitation à 4 euros par opération, en cas de dépassement de découvert non autorisé.

Du côté des banques, l’Unaf note qu’une saine émulation est en train de naître avec des réseaux qui évaluent leurs pratiques pour se rapprocher de ceux considérés comme les meilleurs par l’étude d’octobre dernier. Enfin, cette prise de conscience montre l’importance de la prévention et de l’accompagnement des familles fragiles pour réussir à les sortir d’une spirale d’endettement souvent infernale.