Les premières plateformes de « crowdfunding » (littéralement « le financement par la foule » en français) sont apparues sur Internet il y a dix ans à peine et pourtant, la notoriété de ce nouveau mode de financement de projets par des particuliers est grande auprès des Français. Selon une enquête présentée le 15 mai 2018 et réalisée par l’agence GMV Conseil auprès d’un panel de 3 000 individus représentatif de la population française pour le compte de l’association Financement participatif France (FPF), le Crédit municipal de Paris (CMP) et La Banque Postale, 70% des personnes interrogées ont déjà entendu parler du financement participatif.

Signe toutefois que le mécanisme n’est pas forcément compris, le terme de « crowdfunding » est connu par seulement 36% des sondés. Les plus avertis se retrouvent, sans surprise, chez les moins de 34 ans (46% savent ce qu’est le crowdfunding) et les Franciliens (49% de connaisseurs). Si les Français ne maîtrisent pas totalement la notion de financement participatif, ils en ont une image globalement très positive.

Un soutien aux initiatives locales

85% d’entre eux estiment peu ou prou qu’il s’agit d’un mode de financement innovant et 80% qu’il permet de découvrir des projets. 70% l’assimilent à une finance « accessible à tout le monde ». Pour 59% des répondants, ce fonctionnement « peer to peer » (d’égal à égal) répond aux besoins de financement des entreprises. 60% le jugent « transparent » tandis que 50% l’appréhendent comme un financement « fiable et sécurisé ». Seul bémol : ils sont 59% à penser que le crowdfunding relève du phénomène de mode.

L’étude montre que le financement participatif est rentré dans les mœurs. Quelque 16% des individus sondés déclarent qu’ils ont déjà contribué à un projet sur une plateforme de crowdfunding, dont 79% au cours des 12 derniers mois. Pour 82% d’entre eux, il s’agissait d’un don (15% d’un prêt et 12% d’un investissement). Outre cette démarche philanthrope, le soutien aux initiatives locales semble un élément important dans la décision. 49% des dons effectués par les répondants ont porté sur un projet local. La part est de respectivement 44% et 43% pour les investissements et les prêts. Tous projets confondus, le taux de satisfaction atteint 96%.

Les plus motivés : les cadres, les agriculteurs et les jeunes

Preuve du potentiel de développement du financement participatif : 38% des personnes interrogées pensent participer à une opération de crowdfunding dans les 12 prochains mois, dont 7% de manière certaine. Parmi les profils les plus motivés, on trouve les cadres du secteur privé (17%), les exploitants agricoles (14%) et les 18-24 ans (12%). Le niveau de revenu compte beaucoup. 24% des prétendants au crowdfunding disposent d’un revenu mensuel de 6.000 euros ou plus et 12% d’une épargne comprise entre 50.000 et 100.000 euros.

L’étude relève deux types de freins au financement participative : des raisons personnelles et un manque de confiance dans les plateformes en particulier ou Internet en général. Dans la première catégorie, les rétifs ont peur de perdre de l’argent, ne disposent pas d’épargne ou regrettent l’absence d’incitations fiscales.