Le lien entre oscillations du CAC 40 et collecte des unités de compte (UC) est clairement établi. L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a mis en exergue cette corrélation dans un rapport d’analyses et de synthèses sur l’assurance vie, publié en mai 2016. « C’est bien le niveau du CAC 40 pour le mois en cour, sans effet retard qui permet d’expliquer la proportion des primes dirigées vers les supports en UC », constate le régulateur français des banques et des assurances sur la base d’études statistiques.

L’ACPR note une « forte corrélation » entre la part des UC dans les primes et les performances de l’indice regroupant les 40 plus importantes capitalisations boursières de la place parisienne. Quand le CAC 40 progresse, les épargnants placent leur argent en priorité sur les unités de compte. Un comportement en partie logique, les UC reposant principalement sur des actions d’entreprises.

Corrélation avec le marché actions

Toutefois, les sociétés ne sont pas toujours françaises. Les unités de compte permettent d’investir dans des entreprises européennes et issues d’autres Etats hors de l’Union européenne (UE), comme les Etats-Unis et les pays émergents. Par ailleurs, les UC peuvent aussi être investies dans d’autres classes d’actifs, comme des obligations d’entreprises, des bons du Trésor, voire dans la « pierre-papier » via des sociétés civiles de placement immobilier (SCPI), par exemple.

L’ACPR a notamment observé une influence sur la période allant de 2009 à 2015. Alors que le marché des actions a globalement progressé, la part des UC dans la collecte s’inscrit également en forte croissance. « Seulement 10,4% des primes étaient ainsi collectées sur les supports en UC en octobre 2012. Cette proportion a atteint 22,9% en moyenne au premier semestre 2015 », souligne le gendarme des banquiers et des assureurs.

Influence grandissante

Le régulateur a constaté que « l’effet positif des variations du CAC 40 sur la part collectée en UC augmente avec le temps ». Une évolution qui peut s’expliquer par deux raisons selon lui, « éventuellement combinées ». Les taux d’intérêt bas, comme ceux des obligations d’Etat qui constituent une bonne part des fonds en euros de l’assurance vie, inciteraient les assurés à recourir à d’autres produits offrant une plus forte rentabilité. Et ce, « même au prix d’un risque sur le capital investi ». A l’inverse du fonds en euros, les UC n’offrent pas de garantie sur le capital investi.

Dans le même temps, la persistance de ces taux bas encouragerait les assureurs à commercialiser davantage d’UC, « évitant ainsi d’investir dans des obligations à taux très bas, peu rémunératrices », remarque l’ACPR. Une attitude qui pourrait même s’accroître avec l’entrée en vigueur de Solvabilité II au 1er janvier 2016, la nouvelle norme prudentielle européenne qui vise à renforcer les fonds propres des compagnies d’assurance. Les actions réclament moins de provisions techniques que les fonds en euros, explique le régulateur. L’exigence en capital est donc inférieure pour ce type d’actifs que pour d’autres, comme les obligations. Un argument supplémentaire en faveur des UC pour les assureurs.